Notre Histoire : De la Forteresse Féodale à l'Engagement Citoyen

L'histoire de la Tour de Chamaret s'inscrit au cœur des dynamiques seigneuriales du Tricastin au XIIe siècle. Érigée au sommet d'un promontoire de calcaire urgonien, la tour constituait à l'origine le donjon d'un vaste château fort appartenant à la puissante famille des seigneurs de Chamaret. Ce poste d'observation militaire hautement stratégique permettait de surveiller les plaines agricoles environnantes, de contrôler les voies commerciales reliant la vallée du Rhône aux reliefs des Baronnies, et de manifester l'autorité féodale face aux seigneuries rivales de Grignan et de Valréas.

Au fil des siècles, le château subit les ravages des conflits régionaux, notamment durant les guerres de Religion qui ensanglantèrent la Drôme Provençale au XVIe siècle. Alors que les courtines, les logis seigneuriaux et les structures défensives périphériques s'effondrèrent progressivement pour devenir des carrières de pierre pour les constructions villageoises, la tour principale résista héroïquement à l'anéantissement. Haute de plus de vingt mètres, sa silhouette élancée demeura un point de repère incontournable pour les habitants, un symbole d'ancrage géographique et de fierté locale.

Face à l'état de dégradation alarmant de ce monument insigne à la fin du XXe siècle, une mobilisation citoyenne sans précédent s'organisa afin d'éviter l'effondrement définitif de la structure sommitale. C'est dans ce contexte de sauvegarde d'urgence que fut officiellement déclarée, le 12 Mars 1991, l'Association de Sauvegarde de la Tour de Chamaret auprès de la Sous-Préfecture de Nyons. Cette déclaration, publiée au Journal Officiel, scella l'engagement solennel de bénévoles et d'érudits locaux pour soustraire ce chef-d'œuvre de l'architecture médiévale à l'oubli et au dépérissement. Depuis cette date fondatrice, l'association s'impose comme le garant de la sécurité physique de l'édifice et le promoteur infatigable de son rayonnement intellectuel.

Grandes Étapes Institutionnelles

12 Mars 1991

Création et Enregistrement Officiel

Publication au Journal Officiel de la République Française de la constitution de l'association, définissant ses objectifs non-commerciaux de sauvegarde physique.

Juillet 1998

Premier Grand Chantier de Consolidation

En partenariat avec les Compagnons du Devoir et la DRAC, d'importantes injections de coulis de chaux ont été réalisées pour stopper les fissures internes.

Septembre 2012

Aménagement des Sentiers d'Accès

Création de cheminements de sécurité paysagers et mise en place des premiers panneaux d'interprétation géologique pour les marcheurs.

Janvier 2026

Lancement du Plan d'Action Triennal

Modernisation des dispositifs de sécurité publique pour maintenir l'accès gratuit et illimité à la terrasse panoramique de la tour.

Notre Conseil d'Administration : Une Gouvernance Intègre

L'association est administrée par un organe collégial de bénévoles n'ayant aucun intérêt financier direct ou indirect dans l'exploitation du site. Cette gouvernance garantit la probité de nos choix patrimoniaux.

Président

Gilles Lemaire

Architecte urbaniste de formation, Gilles consacre sa retraite à la supervision technique des chantiers de consolidation. Il assure la coordination avec la DRAC et la Préfecture de la Drôme pour le respect des chartes d'archéologie.

Trésorière

Chantal Dupuy

Ancienne inspectrice du Trésor Public, Chantal veille au respect strict des principes de transparence financière et d'allocation optimale des ressources aux activités de sauvegarde d'intérêt général.

Secrétaire Général

Marc-Antoine Perrin

Professeur d'histoire médiévale honoraire, Marc-Antoine dirige le comité scientifique et coordonne la rédaction des ressources éducatives à destination des écoles et universités de la région.

Philosophie d'Action : Le Bénévolat comme Pilier Social

Notre engagement repose sur une philosophie de la gratuité et du partage. À l'heure où de nombreux sites historiques majeurs sont privatisés ou soumis à des barrières tarifaires élevées, nous défendons avec force le concept d'accès universel. L'éducation au patrimoine ne doit pas être un luxe, mais un outil d'émancipation sociale et d'intégration locale. C'est pourquoi chaque action de l'association est conçue pour inclure les populations éloignées de l'offre culturelle traditionnelle.

Le travail coopératif de nos bénévoles matérialise cette éthique de l'intérêt général. En venant prêter main-forte pour désherber les maçonneries, accueillir les visiteurs ou concevoir des livrets scolaires, les citoyens se réapproprient leur cadre de vie et leur histoire. Cette démarche active d'écocitoyenneté génère un impact communautaire concret : elle rompt l'isolement social des personnes âgées, sensibilise les jeunes aux défis de la conservation environnementale et stimule la cohésion autour d'un idéal partagé.